En 2018, je quitte mon petit studio de Romagnat avec une idée simple : trouver un lieu capable d’accueillir toutes les formes de création que j’imaginais. Quatre ans plus tard, après des centaines de projets, des lives, des résidences et un séminaire immersif de quatre jours, la maison est devenue un studio de 390 m². House 1.0 revient sur cette transformation.
Trouver le lieu
Juin 2023 – NGC Studio. En novembre 2018, je quitte mon studio de Romagnat après sept ans d’expérimentations. Des centaines de vidéos produites, des sites, des shootings, 80 vlogs. Beaucoup d’apprentissages. Une conclusion surtout : pour passer un cap, il me faut un lieu. Un an plus tard, après pas mal de péripéties, je trouve une ancienne maison studio photo des années 80. 390 m² sur trois étages, à cinq minutes de Clermont-Ferrand, au cœur d’un parc régional. C’est brut. Imposant. Plein de potentiel.
En janvier 2019, encore développeur à Paris, je lance les travaux : eau chaude, salle de bain, sols, cuisine, chambres, bureaux. Et un chantier conséquent pour créer un chemin d’accès. En mars, premier événement. Un showcase. Puis une résidence rock. Puis un shooting avec Julien Mignot. Le lieu commence à vivre.
Quelques mois plus tard, gros burn-out. Je quitte mon poste de développeur, fin du salaire confortable, retour à la réalité. Il faut faire avec les moyens disponibles. Optimiser, et construire intelligemment. Depuis toujours, j’ai appris à faire beaucoup avec peu. De l’huile de coude, du système D, et des choix stratégiques. L’idée n’a jamais été de faire “un studio photo”. Je voulais un lieu multifonctionnel :
- événements,
- résidences d’artistes,
- studio photo / vidéo,
- concerts,
- spectacles,
- live streaming,
- podcasts,
- émissions.
Un lieu capable de tout produire. Pas spécialisé : systémique.
Structurer le son, la lumière et l’espace
Premier chantier : le son. Je fait le choix d’installer une sonorisation multipoints. Plutôt qu’une grosse façade qui hurle, plusieurs systèmes répartis. Résultat : moins de volume global, meilleure intelligibilité, moins de nuisance pour les voisins. Le cyclorama blanc de 9 m sur 6 est un outil formidable, mais trop blanc pour certains usages. J’ajoute une moquette noire repliable et des pendrillons noirs pour passer d’une “white box” à une “black box”.
Côté lumière : de l’éclairage de scène en DMX, motorisé et programmable, et un kit d’éclairage plus orienté vidéo avec pieds et diffuseurs. Je peux autant animer une soirée que cadrer un plateau. Le grand pont motorisé, héritage des années 80, portait une énorme boîte à lumière obsolète. Je le transforme en pont mobile d’éclairage et de projection. Le lieu commence à devenir modulable. En attendant un investissement plus lourd, je superpose quatre vidéoprojecteurs LED pour gagner en luminosité. Ça permet déjà des fonds dynamiques, immersifs, à coût maîtrisé.
Internet, en revanche, est un combat de trois ans. Après galères et solutions temporaires, la fibre 2 Gbits arrive enfin. Réseau structuré, WiFi pro, infrastructure propre. Sans réseau stable, pas de maison créative.
La régie et les flux
Pour les lives, je monte un ordinateur puissant sous OBS avec carte Blackmagic. Il gère les flux vidéo, la projection, la diffusion YouTube, Twitch, Zoom. Ce poste est installé dans le bureau : il sert aussi au montage et à la 3D (Unreal Engine, Blender). J’installe également un réseau vidéo interne permettant de diffuser différents flux sur plusieurs écrans dans la maison. Le système n’est pas encore parfait. Mais il fonctionne : entre 2019 et 2021, le studio encaisse plus de 100 heures de diffusion en direct :
- anniversaires
- Rec’Horde Live Sessions
- résidences avec projection
- lives Twitch
- théâtre en streaming pour des écoles
- assemblées générales nationales
- 24h de radio
- résidences musicales
- tournages
- et enfin le Séminaire Thomas Burbidge en décembre 2021
Chaque live révèle une faiblesse. Chaque faiblesse devient un ajustement. Apprentissage continu.
Le séminaire comme révélateur
Le Séminaire Thomas Burbidge en 2021 est le plus gros setup live jusqu’ici. Quatre jours, 50 participants sur Zoom, yoga., interactivité, projection, intervenants… Tout tient. Mais il révèle aussi toutes les frictions : trop de câbles, régie mal positionnée, retours écran bricolés et flux à simplifier. Il devient un cas d’étude.
En 2023, je ressens le besoin de prendre du recul. Corentin arrive en alternance au montage. Il m’aide à trier quatre ans de rushs, à structurer, raconter. On décide alors de créer la série House. Pas pour faire une visite : pour expliquer le système. House 1.0 pose le contexte. Les prochains épisodes détailleront le setup, les machines, la structure lumière, la gestion d’un live interactif. La maison n’est plus seulement un lieu. C’est une infrastructure. Et il était temps d’ouvrir le capot.
Suite série House :