Transformer une voiture, c’est technique. Montrer cette transformation, c’est autre chose. Ce jour-là, on a testé comment la lumière et la projection pouvaient rendre visible ce qui, normalement, ne se voit pas.
Quand la technique devient un sujet d’image
30 avril 2024 – NGCStudio. Geoffrey, derrière la chaîne Le Bricolage c’est cool, arrive avec sa voiture sans permis en cours de transformation. Son objectif est clair : documenter le passage du thermique à l’électrique, avec sa méthode ingé habituelle, autonome, caméra en main, au plus proche de ce qu’il fait. De mon côté, je ne touche pas à la mécanique : mon terrain de jeu, c’est tout ce qui permet de rendre cette transformation lisible à l’image : lumière, projection, ambiance. On ne cherche pas à produire un tuto, Geoffrey s’en charge déjà très bien. L’idée, c’est plutôt de tester comment on peut “augmenter” ce type de contenu, sans le dénaturer.
Le premier sujet, c’est la lumière. Un projet comme celui-là, en conditions normales, se filme souvent avec une lumière assez plate, fonctionnelle. Ici, on essaye autre chose : garder la lisibilité technique, tout en introduisant une lecture visuelle. On travaille par zones : un composant, une source. On évite d’éclairer tout en même temps pour ne pas perdre le regard. Ça demande de rester léger, parce que Geoffrey bouge, démonte, remonte, change de position en permanence. Le setup reste volontairement simple, mais pensé : sources directionnelles pour isoler certaines zones, remplissage doux pour garder de la lecture, gestion des reflets sur la carrosserie (toujours piégeux). L’objectif n’est pas de styliser à fond, mais de révéler sans compliquer.
La projection comme couche de lecture
Là où ça devient intéressant, c’est avec le vidéoprojecteur. On commence à projeter des formes simples sur la voiture. Des lignes, des mouvements, des patterns. Rien de trop précis, mais suffisamment pour suggérer des flux, des circulations. Ce n’est pas du mapping “parfait”, c’est une couche visuelle. Une manière de donner une représentation à quelque chose d’abstrait : le passage de l’énergie, la transformation du système. Ça marche… à condition de rester subtil. Trop en faire, et on perd complètement la lecture du geste technique. Pas assez, et ça disparaît. C’est un équilibre assez fin.
Ce qui rend le truc intéressant, c’est que Geoffrey filme lui-même la majorité du temps. Il garde sa manière de faire, très directe, très proche de l’action. Nous, on vient autour, on adapte la lumière, on ajuste les projections, on observe ce qui fonctionne ou non. Rien n’est figé. Le setup vit avec le tournage, et ça, c’est important. Parce que ça évite de transformer un projet simple en usine à gaz. On reste dans quelque chose de léger, réactif, presque improvisé par moments.
Sortir du studio pour tester le réel
À un moment, il faut sortir : on embarque la voiture pour quelques plans roulés autour de la maison. Routes de campagne, chemins, un peu de relief. Geoffrey continue de filmer, et moi je me retrouve… dans le coffre de la voiture de Toto, à essayer de stabiliser ce que je peux. Ce genre de plan qui n’a rien de propre, mais qui apporte immédiatement quelque chose de vivant. Et surtout, ça permet de voir si tout ce qu’on a construit tient en dehors du studio. Ca tient… à peu près, mais c’est suffisant pour valider des choses.
Ce test confirme un point assez simple : pas besoin de complexifier énormément pour enrichir un contenu technique. Quelques ajustements bien placés peuvent suffire : une lumière pensée plutôt que subie, une projection légère pour suggérer, un minimum de cohérence dans les plans. Le reste, c’est surtout une question de regard. Ce type de tournage ouvre pas mal de pistes : comment aller plus loin sans alourdir ? Comment garder cette spontanéité tout en ajoutant des couches visuelles ? Comment connecter encore mieux ce qui se passe techniquement avec ce que l’on perçoit à l’image ? J’ai pas encore toutes les réponses, mais on commence à voir les bonnes questions. Et comme souvent, c’est déjà un bon point de départ 😏