Quatre caméras en HDMI sur 30 mètres de fibre, un seul PC qui transpire un peu, et moi qui fais la réal depuis mon canapé. Premier vrai crash-test live. Spoiler : ça tient.
Post-confinement, mode labo
29 mai 2020 — au NGCStudio. On sort doucement du premier confinement, et le live devient une seconde nature. Twitch, d’un coup, c’est comme une place de village numérique où tout le monde a envie de se retrouver. Radio Campus prépare les 15 ans de Inna Different Style, et nous on se dit : ok, on tente un truc un peu idiot et très excitant, tenir 24 heures de diffusion en direct.
On est 4 ou 5. Zéro public. Distances, gel hydroalcoolique, ambiance “atelier-laboratoire”. Le contexte parfait pour NGCLab : bricoler, tester, apprendre… et documenter ce qui marche (et surtout ce qui casse).
HDMI… et alors ?
Je te vois venir : “fais du SDI”. Oui, je sais. Sauf qu’à ce moment-là, j’ai déjà les boîtiers, pas le budget pour re-câbler une régie comme sur un plateau télé, et surtout une envie : faire mieux avec ce que j’ai.
Setup (version terrain) :
- Sony A6300
- Sony A6500
- Sony A7III
- Une handycam Sony
- Carte Blackmagic 4 HDMI 4K
- HDMI → fibre → HDMI (30 m)
- OBS
- Twitch (chaîne NGCStudio)
Le “truc” cool avec cette config : pour pas trop cher, j’ai une image propre, une 4K recadrable, et un 1080p nickel en sortie. Les hybrides chauffent un peu, forcément (dummy batteries + longues sessions), alors on fait tourner comme un stand de F1, mais en version maker : rotation toutes les 1h–1h30. Et la handycam, elle, se marre. Elle tourne. Elle juge. Elle vit sa meilleure vie.
Avec les lumières déjà en place sur le pont roulant (pas encore parfait, mais solide), on obtient un rendu propre : pas “bling”, juste net et efficace. C’est exactement le genre de compromis que j’adore : pas le setup idéal, mais une architecture cohérente.
Un seul PC. Beaucoup de choses à gérer.
Le PC du bureau fait tout : OBS, capture, switch, habillage (logo, horloge, lower thirds), projection en fond, et même une partie de la lumière (MadMapper / DASLight). Radio Campus gère le son, je récupère le flux, et on assemble tout. Et là, petit plaisir de geek : je ne suis même pas collé au PC. Je pilote à distance depuis mon MacBook ou l’iPad (Google Remote Desktop). Je fais la réal depuis le salon, comme un DJ du multicam : switch 1, switch 3, un cut, un autre…
Le réseau UniFi ne bronche pas. Zéro freeze. Zéro perte. Pour une nuit où tout peut partir en vrille, c’est presque suspect.
Pas un “produit”. Une expérimentation.
À ce moment-là, je ne suis pas en train de “vendre une offre”. Je suis en train de tester une activité, un système, une manière de produire. Je vois la culture Twitch émerger. Je sens que le multicam live a un truc très “vivant”. Et je devine, en arrière-plan, que la production virtuelle (Unreal, tracking, décors numériques) finira par dialoguer avec ces logiques-là. Pas tout de suite. Pas proprement. Mais ça va se rejoindre.
Ce soir-là, j’ai trois questions très simples (et très NGCLab) :
- Est-ce que moi, je tiens ?
- Est-ce que la machine tient ?
- Est-ce que je peux faire évoluer ça sans tout jeter ?
La réponse, elle tombe assez vite : le live est stable, la réal est fluide, et l’ensemble tient la charge. Et surtout, je commence à capter un truc : le studio n’est plus seulement un lieu qui accueille. Il devient une régie, un cerveau, un terrain de test.
Petit frisson technique (celui qui reste)
Ce qui me fait sourire, ce n’est pas “la performance”. C’est le moment où tu réalises que ça marche avec “ce que tu as”. Pas le setup parfait, pas la régie broadcast rêvée, juste un ensemble pensé, bricolé proprement, optimisé, et validé sur le terrain. Un peu comme dans Half-Life : tu bidouilles avec la curiosité d’un scientifique… en espérant juste que le portail ne s’ouvre pas sur des aliens. Je crois que c’est là que NGCLab commence vraiment à exister : quand le test devient une histoire, et que l’histoire donne envie de recommencer, mais en mieux !